Histoires Inspirantes
La Halte du Coin
La pandémie de COVID-19 a bouleversé la vie de bien des personnes vivant déjà des situations à risque. Certains individus se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi et sans abri, complètement démunis face à cette crise. Dans l’optique de soutenir les personnes en situation d’itinérance et de leur permettre d’atténuer les impacts de la pandémie sur leur santé et leur dignité, trois organismes de la Rive-Sud (Le Repas du Passant, Macadam Sud et l’Hébergement la Casa Bernard-Hubert), reconnus dans le milieu pour leurs expertises complémentaires, ont décidé d’unir leurs forces afin d’ouvrir la Halte du Coin. Ce refuge, qui a démarré le 3 août dernier, est unique en son genre, car il permet d’accueillir 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 toute personne dans le besoin, et ce avec un haut seuil d’acceptabilité. Installée dans une église de Longueuil, la Halte offre aux usagers trois repas par jour, entre 15 et 25 lits pour se reposer, des douches et une buanderie ainsi que de l’accompagnement. Le service affiche complet depuis son ouverture ; ce qui met en lumière l’importance du projet et les besoins de la communauté.
Sur place, une quinzaine d’intervenants se mobilisent pour écouter et orienter les individus vers les ressources les mieux adaptées à leur situation. On y retrouve notamment des travailleurs sociaux, mais aussi des surveillants communautaires. À cet effet, un partenariat avec le Service de police de l’agglomération de Longueuil a été mis en place afin de sensibiliser les futurs policiers aux ressources du milieu, mais aussi d’assurer la sécurité de tous les participants et intervenants.
Ce projet a pu voir le jour notamment grâce au Fonds d’urgence pour l’appui communautaire, par le biais duquel la FGM leur a octroyé 75 000$. Mais le financement demeure un problème majeur pour maintenir la Halte en service. Le projet est dépendant des bailleurs de fonds et, même si les trois organismes se partagent des ressources humaines, 15 nouveaux employés ont dû être embauchés pour assurer la bonne marche du service. S’ajoutent à cela le loyer, les achats de lits et literies, de casiers, de cadenas, de chaufferettes, de réfrigérateurs … autant de frais qui ne peuvent être assumés par les trois organismes initiateurs de la Halte.
« Ce qui me valorise le plus de travailler à la Halte du Coin c’est d’arriver à comprendre comment je peux aider quelqu’un qui n’a pas nécessairement les ressources et les moyens de les identifier lui-même et même parfois qui est incapable de les exprimer. »
Jean-François, intervenant psychosocial